PRÉSENTATION

La spécialité « Recherches sur le changement social  et les mutations économiques » a pour objectif de former à la recherche économique, sociologique et psycho-sociologique portant sur les processus de changement, des étudiants ayant une solide formation en sciences sociales, en les préparant à une carrière de chercheur (à travers le doctorat), ou à une expérience professionnelle d’économiste, de sociologue ou de psycho-sociologue (bureaux d’études, centres de recherche privés ou publics,…). La spécialité met l’accent sur les recherches théoriques ou  appliquées qui explorent les diverses dimensions et conséquences du changement sur l’activité économique, les organisations, les relations sociales et les individus.


La formation doit mettre en perspective recherche fondamentale et recherche appliquée. La première analyse les modes de construction de la pensée, de la connaissance et de l'action. La seconde prend en compte la demande sociale tout en anticipant sur ses évolutions. Son but est de former des étudiants capables de comprendre et d'accompagner le changement tel qu'il est perçu par les acteurs sociaux, en  aidant  ces  derniers à mieux cerner le sens de leur activité.

La permanence voire l’accélération du changement constituent des caractéristiques majeures des sociétés contemporaines. Elles conditionnent les divers niveaux de représentation et d’action où se coordonnent et s’affrontent les acteurs sociaux : individus, organisations, Etats… Les transformations économiques et les changements sociaux sont étroitement imbriqués : la compréhension de leurs interdépendances complexes revêt une importance décisive.
L’analyse du changement est centrée sur les processus et non sur les situations d’équilibre, elle suppose une réflexion sur les diverses temporalités enchevêtrées (courte, moyenne ou longue) qui sont à l’œuvre dans toute interaction économique et sociale – d’où l’importance du recours à l’histoire. Tout changement doit être saisi dans un contexte, il n’a de sens qu’au regard de ce contexte et implique par conséquent une claire construction de la situation du processus étudié dans un environnement (organisationnel, institutionnel) qui le conditionne, créant des contraintes comme des opportunités pour les acteurs concernés.

L’approche systémique des interdépendances, en distinguant les niveaux d’interaction et d’émergence, est une dimension essentielle de l’analyse du changement, qu’il s’opère par évolution graduelle ou par brusque discontinuité. La notion de trajectoire permet de prendre en compte tant les dimensions déterministes que les aspects innovateurs (ou les bifurcations) dans le processus de changement, tant les continuités que les ruptures dans les dynamiques d’interaction sociale.

Les mutations sociales,  économiques  et  territoriales sont des faits sociaux  qu'il convient d'analyser dans leur totalité, en y intégrant la façon dont les individus les vivent, se les représentent, les assimilent et contribuent à les produire. La démarche de recherche clinique se veut ainsi à l’écoute du sujet, au plus prêt du vécu des acteurs, attentive aux enjeux inconscients individuels et collectifs. Elle s’intéresse aux phénomènes sociaux et institutionnels dans leurs dimensions rationnelles mais également imaginaires, pulsionnelles ou symboliques. Elle cherche à démêler les nœuds complexes entre déterminismes sociaux et déterminismes psychiques dans les conduites des individus et des groupes. La recherche et la pratique du changement conduisent à co-construire avec les acteurs concernés l’analyse de leur situation et les moyens à mettre en œuvre pour la transformer.
 
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